La foresterie est une profession qui repose sur l’équilibre entre différentes valeurs. Ma carrière m’a donné l’occasion d’aborder la foresterie sous de nombreux angles. J’ai eu l’occasion notamment de tremper dans l’aménagement forestier, la certification forestière et l’éducation forestière. Chacun de ces domaines renforc l’importance de relier la science à des solutions pratiques et de rassembler des points de vue diversifiés. C’est ce qui m’a attiré vers mon poste de gestionnaire, Forêts et climat, au sein de la Sustainable Forestry Initiative (SFI).

J’ai entrepris ma carrière sur le terrain, où j’ai pu constater de mes propres yeux ce que signifie gérer des forêts dans un milieu d’exploitation. Assister à ces discussions m’a permis de mieux apprécier la complexité des décisions d’aménagement forestier. J’ai appris que la gestion efficace d’une terre forestière exige de concilier les conditions écologiques et les objectifs sylvicoles avec les besoins opérationnels et les attentes de la collectivité.

Cette expérience a renforcé une conviction qui m’a toujours animée : la foresterie durable ne se limite pas aux politiques ou aux documents de planification. Elle se concrétise à travers les milliers de décisions prises chaque jour par les personnes qui travaillent dans ces forêts.

La foresterie appliquée continue de façonner mon approche face aux défis du secteur. Pour mettre en œuvre des solutions fondées sur la nature efficaces, nous devons comprendre les défis auxquels font face les gens de terrain et veiller à ce que la science et le savoir puissent être appliquées de manière à aider tous les intervenants forestiers au quotidien. Cela peut contribuer à faire avancer l’adaptation aux changements climatiques, l’atténuation de leurs effets et la résilience dans la gestion forestière au quotidien.

Un engagement ferme envers les pratiques forestières durables

Au fil de ma carrière, je suis passé de la mise en œuvre de pratiques forestières à l’accompagnement d’organisations dans l’évaluation et l’amélioration de leurs efforts en matière de durabilité.

Travailler pour Port Hawkesbury Paper LP m’a donné une perspective unique sur les moyens par lesquels les normes SFI peuvent contribuer à améliorer l’aménagement forestier. Ces normes garantissent que les organisations certifiées SFI respectent des exigences rigoureuses, ce qui encourage l’amélioration continue et favorise les résultats en matière de conservation. D’après mon expérience, certains des travaux les plus significatifs se déroulent même en dehors de l’audit. J’ai pu constater de mes propres yeux comment la certification par un tiers offrait à mes collègues l’occasion d’examiner d’un œil critique les pratiques courantes, de partager des idées et d’identifier des possibilités d’amélioration.

C’est cette combinaison de responsabilisation et d’amélioration continue qui fait de la certification forestière un outil puissant pour la foresterie durable.

Ma fonction de président du Comité de mise en œuvre SFI de l’Atlantique (CMO) a renforcé ce point de vue. Les CMO offrent un forum aux organisations certifiées SFI et aux professionnels de la foresterie pour qu’ils apprennent les uns des autres, collaborent sur des priorités communes et trouvent des solutions à des défis qui dépassent le cadre d’une seule organisation. Grâce à mon implication au sein du CMO de l’Atlantique, j’ai acquis une meilleure compréhension de la façon dont d’autres entreprises opéraient dans l’ensemble du Canada atlantique. Nous avons pu comparer nos défis communs et tirer des leçons des solutions mises au point par d’autres organisations. Ma participation à l’élaboration des critères de formation pour le programme « Professionnel qualifié en exploitation forestière » du CMO de l’Atlantique m’a permis de mieux comprendre la formation des sous-traitants et a contribué à améliorer notre propre approche chez Port Hawkesbury Paper LP.

Le cycle d’audit m’a également fourni une occasion de maintenir un contact régulier avec l’ensemble du système forestier et de la chaîne d’approvisionnement, et de rester au courant de ce qui s’y passe — depuis les opérateurs de machines et les entrepreneurs, en passant par les superviseurs d’exploitation et les planificateurs de district, jusqu’à l’équipe de direction forestière. La préparation aux audits ne se limite pas à rassembler des preuves; elle exige de comprendre comment les pratiques étaient mises en œuvre, où l’information était générée, et où se trouvent les lacunes et les possibilités d’amélioration.

En tant que partisan de la pensée systémique, je trouve cela particulièrement précieux. Le système de gestion SFI offre une vision globale de l’organisation, à la fois intégrée, organisée, fondée sur des preuves et riche en données. Il permet de relier ce qui se passe sur le terrain à la planification, à la supervision, aux décisions de gestion et à l’amélioration continue. En ce sens, la certification invite la vaste gamme des intervenants du système forestier à partager de l’information, examiner les pratiques d’un œil critique et identifier des moyens concrets de les améliorer.

J’ai également eu l’occasion d’enseigner à la prochaine génération de professionnels de la foresterie et des ressources naturelles. Au Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse (NSCC), j’ai enseigné les « Opérations et la planification forestières écologiques », ainsi que les SIG aux étudiants en ressources naturelles et en technologie environnementale. Ces expériences ont renforcé une vérité qui a marqué toute ma carrière : la foresterie ne consiste pas à mémoriser un ensemble de réponses. Il s’agit d’enseigner aux étudiants comment penser, et non pas quoi penser. Les professionnels de la foresterie doivent évaluer l’information, comprendre les compromis et prendre des décisions éclairées lorsque les conditions sont complexes. Que ce soit en classe ou en travaillant avec des collègues par l’intermédiaire du CMO de l’Atlantique, j’ai pu constater à quel point nous pouvons apprendre les uns des autres lorsque nous créons un espace pour partager les connaissances et prendre en compte différentes perspectives.

Rapprocher la science, la diversité des points de vue et les savoirs autochtones

L’Initiative de foresterie adaptée à l’évolution du climat de SFI est un exemple de cette approche collaborative. En réunissant la recherche, l’information et l’expérience pratique, l’Initiative aide à mettre en relation les personnes et les connaissances pratiques afin d’appuyer les propriétaires fonciers qui mettent en œuvre des pratiques forestières adaptées au climat. Elle offre aux praticiens, aux chercheurs et aux partenaires des occasions d’apprendre les uns des autres et d’appliquer ces connaissances de manière pragmatique.

L’augmentation des risques d’incendies de forêt, l’évolution des schémas de perturbations et les changements des conditions écologiques exigent des professionnels de la foresterie qu’ils repensent la résilience et l’adaptation.

C’est ce qui me passionne le plus dans mon rôle. J’ai l’occasion de faire le lien entre les nouvelles découvertes scientifiques et la gestion forestière pratique. L’objectif n’est pas simplement de générer davantage d’information, mais de veiller à ce que ces connaissances soient accessibles et utiles.

Tout au long de ma carrière, j’ai constaté que le progrès naît de la prise en compte de perspectives diverses. En travaillant ensemble, nous pouvons élaborer des approches qui favorisent la résilience face au changement climatique, la biodiversité et la gestion durable des forêts.

Le lien personnel

Mon rapport à la forêt est tout aussi personnel que professionnel. Ma conjointe et moi vivons sur une petite propriété dans la campagne du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, entourés de terres forestières et de paysages agricoles. Je passe une grande partie de mon temps libre à l’extérieur, que ce soit à entretenir la propriété, à explorer le paysage ou simplement à observer comment mon environnement change au fil des saisons.

Vivre au cœur d’un paysage forestier nous rappelle sans cesse que les forêts ne sont pas seulement des ressources à gérer. Ce sont des lieux où les gens vivent, tissent des liens et créent des souvenirs. Même après de nombreuses années passées à travailler dans le secteur forestier, il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre, et c’est en partie ce qui rend ce métier si enrichissant.

Pour l’avenir, je suis ravi de continuer à soutenir la foresterie adaptée au climat partout au Canada et d’aider les organisations à s’adapter aux changements climatiques. Ce travail s’appuie sur bon nombre des leçons qui ont façonné ma carrière : l’importance de l’expérience pratique, de l’apprentissage continu, de la collaboration et du lien avec les forêts elles-mêmes.

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