Par Rachel Hamilton et Darren Sleep

En pensant aux chauves-souris, vous vous rappellerez peut-être l’expression « aveugle comme une chauve-souris » ou l’une des nombreuses scènes de film dans lesquelles une chauve-souris s’emmêle dans la chevelure de quelqu’un — ou encore les longues canines associées aux vampires suceurs de sang. Ces idées au sujet des chauves-souris concourent à leur donner l’image universellement terrifiante et sinistre qui fait d’elles une inspiration pour l’Halloween depuis des siècles. Or, ces associations sont pour la plupart des mythes qui reposent sur des demi-vérités.

En fait, nous aimerions chez SFI dissiper quelques-unes de ces idées fausses et saisir l’occasion de cette Semaine des chauves-souris (définie chaque année pour correspondre à la semaine de l’Halloween) pour vous renseigner sur les différentes façons dont les forêts et les chauves-souris fonctionnent ensemble. Les chauves-souris ne sont pas aveugles (en réalité, elles ont plutôt une bonne vision pour des animaux nocturnes), mais elles recourent à l’écholocalisation, qui est essentiellement un « radar sonore », pour localiser et capturer leurs proies. Cette particularité de navigation est aussi la raison pour laquelle les chauves-souris ne s’emmêlent pas dans votre chevelure, quelle qu’en soit la longueur. Pour ce qui est du lien avec les vampires, des chauves-souris vampires existent réellement en Amérique centrale et en Amérique du Sud, mais elles s’alimentent principalement sur des oiseaux et des mammifères pendant leur sommeil. Elles ne se transforment pas en des créatures d’apparence humaine qui craignent le soleil et un délicieux morceau de pain à l’ail!

Ce qui est moins connu au sujet des chauves-souris est beaucoup plus intéressant :

  • Les chauves-souris sont des pollinisateurs, leurs fèces sont utilisées comme engrais depuis des siècles et elles sont d’importants facteurs dans le contrôle des populations d’insectes et de ravageurs.
  • Les chauves-souris sont présentes presque partout dans le monde et sont plus particulièrement abondantes en forêt
    On peut souvent apercevoir la nuit des chauves-souris se faufiler entre des arbres et passer au-dessus du couvert forestier, partout dans le monde et particulièrement en Amérique du Nord, où les forêts aménagées durablement selon les normes SFI leur procurent un important habitat. Dans la forêt boréale canadienne, il n’est pas inhabituel de trouver des colonies de chauves-souris mères avec leurs petits vivant ensemble dans des peupliers faux-tremble, parfois par centaines en un même endroit.
  • Les chauves-souris sont aux prises avec un problème inquiétant pour leur santé et leur survie
    Cause de ce qu’on a décrit comme étant « la plus brusque chute d’une population d’animaux sauvages en Amérique du Nord depuis un siècle », le syndrome du nez blanc (SNB), une infection fongique mortelle pour les chauves-souris, a été observé pour la première fois dans une grotte de l’État de New York en 2006 et est aujourd’hui répandu dans une grande partie de l’Est de l’Amérique du Nord. Le champignon blanc d’allure duveteuse, qui apparaît souvent sur le visage et les ailes des chauves-souris en hibernation, les fait se réveiller plus souvent pendant cette période et consommer les importantes réserves de gras dont elles ont besoin pour survivre à l’hiver. Le SNB a causé la mort de millions de chauves-souris et contribué à l’inscription de plusieurs espèces comme « vulnérables » sur les listes prévues aux lois sur les espèces en péril des États-Unis et du Canada.

Les chauves-souris constituent une importante composante des forêts et de la façon dont elles sont aménagées. Chez SFI, les valeurs de la biodiversité et la protection des espèces menacées ou en voie de disparition — dont les chauves-souris — sont devenues un aspect important de nos activités.

Des collaborations de SFI soutiennent la conservation des chauves-souris et aident à protéger nos amis volants. Par le biais de son Programme de subventions pour la conservation, SFI a financé le projet de Conservation de la nature Canada ayant pour but d’aider à protéger les chauves-souris contre le SNB, en partenariat avec les sociétés International Forest Products et British Columbia Timber Sales. Le projet a permis de relever d’importants lieux d’hibernation de chauves-souris en Colombie-Britannique et a donné lieu à l’installation de grilles de grotte à la mine Queen Victoria abandonnée, qui permettent aux chauves-souris d’entrer tout en gardant les gens à l’extérieur. La réduction de la présence humaine sur les lieux de perchage et d’hibernation des chauves-souris limite les perturbations et diminue le risque de propagation du SNB d’origine humaine. Le SNB n’a pas encore été observé en Colombie-Britannique, mais il l’a déjà été dans l’État de Washington voisin — et ce ne pourrait être qu’une question de temps avant qu’il ne se répande vers le nord.

SFI collabore aussi à une étude sur la façon dont les chauves-souris utilisent les forêts après la récolte et la repousse. Avec le National Council for Air et Stream Improvement, l’Association des produits forestiers du Canada et l’Université de Regina, nous participons à un projet de conservation qui examine l’utilisation de secteurs de forêts certifiées SFI récoltés il y a vingt-cinq ans, pour voir l’effet sur les populations de chauves-souris. Des chercheurs ont constaté que les chauves-souris revenaient aux niveaux d’activité antérieurs au fur et à mesure que revenaient aussi les arbres, les insectes et les buissons des forêts.

SFI participe aussi à l’implication communautaire et à l’éducation des jeunes pour faire mieux comprendre l’importance de la conservation des chauves-souris. Plus tôt cette année, le Programme de subventions communautaires de SFI a financé le Projet d’amélioration de l’habitat forestier des chauves-souris du Comité de mise en œuvre SFI du Minnesota, qui collaborait avec l’organisation scoute des États-Unis pour construire et installer une centaine de boîtes à chauves-souris en bois certifié SFI donné par la société Norbord (maintenant West Fraser). On peut observer pendant l’été des chauves-souris perchées dans des arbres, des grottes ou des bâtiments et sous des ponts. Les boîtes à chauves-souris offrent un autre choix de « logement », en particulier aux chauves-souris mères, pour y élever leurs petits, ce qui favorise la santé des populations en déclin dans le Nord du Minnesota, où elles sont particulièrement vulnérables au SNB.

Afin de présenter aux jeunes le monde des chauves-souris et de les mettre en contact avec lui, SFI célèbre la Semaine des chauves-souris, qui a lieu chaque année au cours de la dernière semaine d’octobre, du 21 jusqu’à l’Halloween, le 31. Project Learning Tree (n. du trad. : pendant en langue anglaise d’Apprendre par les arbres Canada), une initiative pédagogique primée de SFI, a rassemblé un excellent choix de matériel pour amener les jeunes à découvrir et à célébrer les chauves-souris par le biais d’activités, de travaux artistiques et de bricolages pour différents âges. Au moyen de l’éducation, de la recherche et de partenariats à différents niveaux, SFI espère dissiper certaines idées fausses à propos des chauves-souris, attirer l’attention sur les difficultés auxquelles les chauves-souris font face et souligner l’importance des chauves-souris pour nos forêts et notre vie de tous les jours.

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